Après le repos, le Tour repart au coeur du Massif central. Sept ascensions, aucun répit, et une vraie fenêtre pour les baroudeurs tricolores qui n’ont pas encore gagné depuis Barcelone.
Aurillac – Le Lioran: le Cantal en maître, presque sans un mètre de plat
Ce mardi 14 juillet, le peloton attaque la 10e étape du Tour de France 2026 en sortant de repos. Direction le Massif central, 166 kilomètres tracés dans le Cantal, de Aurillac jusqu’à Le Lioran. Un profil qui ne ressemble à aucun autre de ce début de Grande Boucle: sept ascensions répertoriées, enchaînées dans un final qui ne laissera aucun soufflé à quiconque voudra rester dans la roue.
Le sprint intermédiaire arrive vite, à seulement 25 kilomètres du départ. Ensuite, les cols s’accumulent sur moins de cent kilomètres. Pas de transition douce, pas de vallée pour récupérer.
Ceux qui grimperont le mieux, pas ceux qui auront le mieux géré, décideront du sort de la journée.
Sept ascensions, mais dans quel ordre?
Le menu est copieux. On commence par la côte de Pailherols en 3e catégorie, puis ça monte en difficulté: le col de la Griffoul en 2e catégorie, le col de Prat de Bouc, la côte de Murat. Puis vient le clou du spectacle: le Puy Mary-Pas de Peyrol, ascension classée en 1ère catégorie, l’une des plus sélectives du Cantal.
Derrière, le col de Pertus (1ère catégorie encore) avant un final par le col de Font de Cère en 3e catégorie.
Sept cols, donc. Mais surtout deux ascensions de première catégorie dans les 50 derniers kilomètres. L’étape va se faire là-dedans, et nulle part ailleurs.
Pogacar peut décider seul, si l’envie lui prend
Tadej Pogacar a déjà gagné deux jours avant la pause, portant son équipe UAE Team Emirates encore plus haut au classement général. Sur un profil comme celui-ci, avec un final de grimpeur pur, il pourrait très bien décider de jouer sa carte d’étape en plus. Son jeune équipier Isaac del Toro sera là pour l’épauler.
Si Pogacar est dans le coup, les chances pour les baroudeurs s’amenuisent sérieusement. Mais si le Slovène juge que la journée ne vaut pas le risque, et que ses adversaires au général ne tentent rien, la porte s’ouvre.
La France a soif de victoire depuis Barcelone
Voilà le vrai enjeu de la journée pour le public français. Depuis le départ du Tour à Barcelone, aucun coureur tricolore n’a levé les bras. La fête nationale, ce 14 juillet, serait le décor idéal pour briser cette série.
Et le Cantal, avec son profil cassant, convient plutôt bien aux grimpeurs de type puncheur-baroudeur.
Trois noms reviennent en tête des candidats français. Alex Baudin (EF Education) a déjà été en vue sur ce Tour. Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) grimpe bien et cherche sa confirmation au plus haut niveau.
Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) n’est pas non plus à négliger, il sait se glisser dans les bons mouvements depuis le début de la Grande Boucle.
L’échappée, seule vraie inconnue du scénario
Tout dépend de la gestion du peloton. Si les équipes des favoris au général décident de contrôler la course et qu’une échappée part loin devant, la victoire ira à un baroudeur. Si au contraire les équipes laissent la course exploser sur les cols de première catégorie, l’histoire sera différente.
Le sprint intermédiaire en début d’étape change aussi la donne: il pourrait retenir certains coureurs dans le groupe avant que l’échappée parte vraiment. Une fois la chasse aux points terminée, les choses se calmeront… puis se corseront.
Van der Poel et sa troisième victoire: le contexte avant la reprise
La journée de repos a suivi la 9e étape remportée par Mathieu van der Poel, son troisième succès d’étape en carrière sur le Tour de France. Une sortie qui a mis le Néerlandais en lumière juste avant le premier repos. Sur la 10e étape, en revanche, son profil ne correspond plus, les sprinteurs et les puncheurs nordiques auront du mal sur ces cols cantaliens.
Lenny Martinez est-il capable de gagner une étape de montagne sur ce Tour?
Martinez a montré des qualités de grimpeur solides depuis le début de la Grande Boucle. Une étape comme celle-ci, avec une arrivée en altitude mais pas un sommet hors catégorie, lui convient bien sur le papier.
Pogacar laissera-t-il vraiment partir une échappée?
Tout dépend de l’avance sur ses concurrents au général. S’il se sent en sécurité, il peut laisser les baroudeurs jouer, et même se mêler au sprint final s’il le souhaite. Il reste le patron de ce Tour, et ce 14 juillet ne changera probablement rien à ça.
Ce qu’il faut retenir
La 10e étape du Tour 2026 dans le Cantal est l’une de celles où le scénario peut basculer très vite. Sept cols, deux ascensions de première catégorie dans le final, et une route qui ne pardonne pas les faiblesses. Pour les Français, c’est peut-être la meilleure opportunité de ce premier tiers de course.
Baudin, Martinez, Paret-Peintre: l’un d’eux peut saisir ce 14 juillet pour offrir une victoire tricolore à la Grande Boucle.
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