Analyse
l y a un an presque jour pour jour, à Flushing Meadows, au même stade de la compétition, Emma Navarro balayait Caty McNally 6-2 6-1. Le décor est identique, le scénario a de bonnes chances de l’être aussi. McNally joue un tennis riche, elle varie, elle monte au filet, on sent la joueuse de double qui aime construire le point autrement. Ça fonctionne redoutablement contre celles qui subissent. Contre une ancienne 8e mondiale qui renvoie tout et repousse depuis le fond du court, ça produit surtout des fautes.
La variété a besoin d’espaces, Navarro n’en laisse aucun. Les chiffres racontent une autre histoire, il faut le dire honnêtement. Sur dur cette saison, McNally affiche 56% de victoires quand Navarro plafonne à 36.8%, et l’Américaine de Cincinnati domine son adversaire sur la conversion des points chauds. Sauf qu’elle traîne un plafond qui ne bouge pas, aucune victoire en 4 tentatives quand le marché la place derrière. Sa victoire sur Nosková à Toronto ne suffit pas à effacer ça, la Tchèque sortait d’un Grand Chelem sans l’avoir digéré.
Et son premier tour contre Koevermans, 229e, a été plus laborieux que le score ne le dit, avec un premier set qu’elle ne devait pas gagner et 6 doubles fautes dans une deuxième manche relâchée. Navarro, elle, revient de loin et semble repartie vers le top 20. Son premier tour contre Lois Boisson a été un vrai combat, trois manches et un tie break arraché 8 points à 6, mais c’est exactement le genre de match qui remet une joueuse dans le tournoi. La confiance est revenue au bon moment. Le contexte fait le reste.
Le match se joue sur le Grandstand, sans toit, avec un air saturé d’humidité après la pluie du matin. La balle sera lourde, la surface lente, les échanges longs. Des conditions taillées pour une défenseuse de fond de court, beaucoup moins pour une joueuse qui a besoin de raccourcir.
























