Analyse
Il y a quelque chose d’anormal dans les cotes de cette demi-finale. La deuxième joueuse mondiale, championne de l’Open d’Australie en janvier, 24 victoires pour 5 défaites sur dur cette saison, part outsider face à une Américaine qui n’a rien gagné en 2026. Le marché price une chose et une seule, la fatigue, parce qu’Elena Rybakina a passé cinq heures et vingt-deux minutes sur le court en deux jours pendant que Coco Gauff n’a plus joué depuis dimanche, exemptée de quart de finale par le forfait de Belinda Bencic. C’est un argument recevable.
Il ne résiste pas à ce qu’on a vu mardi soir contre Naomi Osaka. Menée un set, la Kazakhe a renversé le match en sauvant quatre balles de break depuis 0-40 dans la manche décisive, elle a servi quinze aces, et elle a remporté la totalité de ses dix-huit points derrière la première balle dans ce troisième set. Ce n’est pas le tennis d’une joueuse qui subit sa charge de travail, c’est celui d’une joueuse qui a trouvé son meilleur niveau au service depuis le printemps. En face, le problème est structurel et il ne date pas de cette semaine.
L’Américaine ne conserve que 65 % de ses jeux de service, elle commet trois fois plus de doubles fautes que son adversaire, et elle a concédé douze balles de break au tour précédent contre une qualifiée classée 89e mondiale. Elle atteint ici sa toute première demi-finale en carrière sur ce tournoi, sans avoir affronté une seule joueuse du top 30. L’Américaine est une immense défenseuse et son moteur reste le meilleur du circuit, elle a les moyens d’allonger les échanges jusqu’à user n’importe qui.
Mais elle devra le faire en tenant un service qui la trahit depuis le début de l’année, face à une joueuse qui vient de démontrer qu’elle sait gagner les moments décisifs même après deux matchs marathons. Toronto puis Cincinnati représentent pour la Kazakhe la meilleure fenêtre de sa saison sur le plan comptable, et elle le sait : 1 000 points a chercher ici pour devenir Queen de la race ET du classement WTA ! A Cinci, elle va défendre une demi et ensuite l’US Open qu’elle n’a jamais gagné.
Les calculs sont simple Kevin car la probabilité que Sabalenka gagne l’US open 3 fois de suite est vraiment… faible ! Le timing pour s’assoir sur le trône se joue maintenant, tout simplement.



























