Analyse
Il y a 10 semaines, elle jouait la finale de Roland-Garros. Depuis, la Polonaise n’a plus gagné un match. Une cheville tordue à Wimbledon, 6 semaines sans compétition, une reprise ratée à Toronto. Son classement dit 21e mondiale, sa saison dit autre chose, et le marché la met à égalité avec la 38e. C’est là que le raisonnement doit s’arrêter sur le rang et commencer sur le jeu. Parce que Chwalińska est gauchère, et que Cristina Bucșa perd 10 de ses 14 matchs en carrière contre des gauchères.
Ce n’est pas une statistique de circonstance, c’est un déficit de 12 points sur son taux de victoire habituel. Ajoute que la Polonaise varie constamment, coupe, casse le rythme, et qu’elle gagne 54 % de ses points sur seconde balle quand l’Espagnole n’en prend que 41. Bucșa a besoin de cadence pour exister. En face, personne ne va lui en donner. Le 1er tour de l’Espagnole disait déjà tout.
Elle a battu Panna Udvardy en 3 sets en tenant remarquablement son service, mais elle n’a gagné que 3 jeux de retour sur 14 face à une adversaire qui ne passait pas une première balle sur 2. Elle sortait de 8 défaites consécutives, sa première victoire depuis mars. La confiance est fragile, le retour ne fonctionne pas, et le profil d’en face est le pire qu’on puisse lui opposer. Le classement de la Polonaise a été construit sur la terre, c’est vrai, et son bilan sur dur au plus haut niveau reste mince. Mais le style, lui, voyage.
Et ce style là, Bucșa ne sait pas le jouer.



























