L’OM traverse un été sous tension. Le directeur sportif Grégory Lorenzi a reconnu ce vendredi que le club pourrait ne recruter personne d’ici la clôture, faute de marges financières. La phrase résume à elle seule l’urgence phocéenne.
Une phrase qui dit tout l’état du club
Grégory Lorenzi n’a pas pris de gants. Vendredi 28 août, au tirage au sort de la phase de ligue de Ligue Europa, le directeur sportif de l’Olympique de Marseille a posé un constat glaçant: « si on ne trouve pas les éléments pour convaincre la DNCG, il pourrait ne pas y avoir de recrue ». Cinq mots, et toute la fragilité d’un club qui se savait au bord du gouffre financier depuis des semaines.
L’aveu est rare. Un dirigeant de Ligue 1 admettre, en pleine fenêtre, que son club peut refermer le mercato sans un seul mouvement entrant, c’est l’aveu d’une marge de manœuvre réduite à presque rien. Et Longoria parti, c’est bien Lorenzi qui porte aujourd’hui la parole marseillaise sur ce dossier.
DNCG, masse salariale: le mur devant l’OM
Le nœud du problème tient en deux lettres: DNCG. Le gendarme financier du football français impose à Marseille un cadre strict, et la direction l’assume frontalement. « On essaie de trouver des solutions en interne pour réduire notre masse salariale », glisse le dirigeant, lucide sur le levier qui reste à actionner: vendre, d’abord.
Recruter, ensuite seulement, si la marge existe.
La logique est rude. Chaque euro de salaire sortant ne rouvre pas automatiquement une ligne de recrutement: il faut aussi convaincre la DNCG que la trajectoire budgétaire est tenable. Un deal ne suffit plus, il faut un équilibre global sur l’exercice.
Paixão, Greenwood, Aubameyang: l’hémorragie déjà en cours
Les départs s’enchaînent et donnent chair au diagnostic. Mason Greenwood, Facundo Medina, Gerónimo Rulli, Pierre-Emerick Aubameyang: les officialisations se sont accumulées cet été. S’y ajoute le cas Igor Paixão, en instance de départ pour Sunderland, dont Lorenzi a tenté de défendre le maintien: « on va se battre pour garder Igor Paixão même s’il faut rappeler qu’il n’y a pas de joueurs intransférables à Marseille ».
Le profil du Néerlandais parle de lui-même: 12 buts et 7 passes décisives la saison dernière, soit l’un des joueurs les plus productifs de l’effectif. Le voir pousser vers la sortie donne une idée du niveau de contrainte. Quand l’OM vend son meilleur dynamiteur offensif, c’est que la situation l’exige.
Une fenêtre où Marseille regarde surtout vers la sortie
Pour les supporters, le tableau est rude à digérer. Lorenzi l’a formulé sans détour: « il y a très peu de possibilités dans les derniers instants pour que beaucoup de choses puissent arriver ». En clair, l’espoir d’un retournement de dernière minute sur le marché des transferts est mince.
Le club n’est pas en position de force pour aller chercher un profil capable de relancer la saison.
Reste l’autre volet, plus structurel: réduire la masse salariale, retrouver de l’air avec la DNCG, préparer un projet viable pour la suite. C’est moins spectaculaire qu’une signature à 30 M€, mais c’est probablement ce qui sépare l’OM d’un redressement réel d’un nouveau cycle d’instabilité.
Et maintenant, le risque sportif
Le danger est connu. Un effectif amaigri, sans recrue significative, entre dans une saison de Ligue 1 et de Ligue Europa avec deux compétitions à gérer et un banc raccourci. De Zerbi dispose d’un groupe qu’il connaît, mais la profondeur de banc devient un sujet concret: une blessure, une suspension, et c’est la rotation qui grince.
La direction le sait et le dit. Mieux vaut un groupe financièrement sain qu’un effectif étoffé mais sous contrôle budgétaire fragile. Le discours est cohérent.
Reste à savoir si le terrain lui donnera raison dès les premières semaines.
Pourquoi l’OM n’est pas le seul dans cette zone
Plusieurs clubs de Ligue 1 vivent un mercato sous contrainte, entre encadrement DNCG et necessity de vendre avant d’acheter. Mais peu l’ont formulé avec cette clarté. Le cas marseillais devient un cas d’école: un club de premier plan, contraint de présenter une copie blanche à la clôture.
Pour les suiveurs du championnat, c’est aussi un indicateur sur la hiérarchie à venir. Sans profondeur, l’OM risque de glisser dans la course aux places européennes, et la saison prendre une coloration défensive avant même le coup d’envoi.
Ce qu’il faut retenir
L’OM aborde la dernière ligne droite du mercato sans marge, et Grégory Lorenzi l’a dit haut. La fenêtre peut se refermer sans recrue, le temps que le club digère ses départs et rassure la DNCG. Pour les supporters, c’est un été de sobriété imposé; pour le terrain, un défi de plus.
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