La décision brésilienne ne laisse plus beaucoup de place au doute : les paris sportifs à cote fixe sont bien visés. Le président Luiz Inácio Lula da Silva a signé, le 25 septembre 2026, la mesure provisoire n° 1.394. Le texte interdit l’exploitation, l’offre, l’intermédiation et la publicité des paris de quota fixe sur le territoire national. Les jeux de casino en ligne, dont le très médiatisé « jogo do tigrinho », sont également concernés.
La nuance est importante pour les parieurs. Il ne s’agit pas d’une coupure générale et instantanée de tous les comptes dès la publication du texte. La mesure prévoit une courte période de transition, un calendrier de remboursement et un examen obligatoire par le Congrès national. L’interdiction produit donc déjà ses effets, mais son maintien définitif dépend encore de la suite de la procédure parlementaire.
Ce que la mesure de Lula interdit exactement
La mesure provisoire couvre les « loterias de apostas de quota fixa », c’est-à-dire les paris dont le gain potentiel est connu au moment de la prise de pari. Cela comprend les paris sur les événements sportifs, mais aussi les jeux en ligne dont le résultat dépend d’un événement aléatoire généré par le système de jeu.
Le champ du texte est plus large qu’une simple fermeture des casinos virtuels. Les paris sur le football et les autres sports sont explicitement concernés. La mesure s’applique également aux autorisations et concessions accordées par les États et le District fédéral. Un opérateur établi à l’étranger n’est pas épargné s’il propose son offre au public situé au Brésil : le texte vise l’offre accessible sur le territoire brésilien, pas uniquement les sociétés dont le siège se trouve dans le pays.
Les activités nouvelles sont bloquées dès la publication de la mesure. Les opérateurs disposent ensuite de dix jours pour rendre leurs sites et applications indisponibles. Cette échéance tombe le 5 octobre 2026. Le même délai concerne le retrait des supports de publicité, de marketing et de parrainage encore diffusés au Brésil.
Cette dernière disposition dépasse largement la relation entre un parieur et son bookmaker. Les clubs, les compétitions et les médias qui s’appuient sur des partenariats avec des opérateurs de paris doivent eux aussi retirer les signes et campagnes concernés. Le texte prévoit en outre des mesures de blocage des sites et applications illégaux, ainsi qu’un dispositif de coordination entre les autorités brésiliennes.
Que deviennent les paris déjà placés ?
La mesure ne prévoit pas d’annuler indistinctement tous les paris enregistrés avant la fermeture. Elle distingue les paris dont le résultat est déjà connu et ceux qui sont encore ouverts à la date limite.
- Si le résultat d’un pari a été établi avant la fin de la période de transition, le gain éventuel reste dû au parieur.
- Si le résultat n’a pas encore été établi à la date limite, le pari est considéré comme sans effet.
- Dans ce second cas, la mise doit être restituée intégralement, sans frais ni déduction.
Cette règle peut concerner un pari placé sur un match qui n’a pas encore commencé, mais aussi une sélection dont le résultat n’est pas officiellement arrêté au moment où l’accès aux plateformes devient indisponible. Le texte ne donne donc pas aux opérateurs le droit de conserver automatiquement les mises des paris ouverts.
Comment récupérer l’argent présent sur un compte de pari ?
La priorité, pour un joueur brésilien, est de demander le retrait de son solde avant la fermeture de la plateforme. Il est aussi prudent de conserver les preuves du solde disponible, des paris ouverts, des tickets et des échanges avec le service client. Ces éléments peuvent être utiles si le remboursement ne se déroule pas comme prévu.
La mesure provisoire fixe une procédure précise. Après l’indisponibilisation des plateformes, les opérateurs doivent assurer la disponibilité des fonds nécessaires, puis transmettre aux banques et aux établissements de paiement la liste individualisée des sommes à restituer, avec l’identification des clients par leur CPF brésilien.
Le calendrier communiqué par le gouvernement est le suivant :
- 7 et 8 octobre : les opérateurs doivent transmettre aux établissements financiers les soldes restant dus, détaillés par CPF.
- Du 9 au 14 octobre : les banques et établissements de paiement disposent de sept jours à compter de la réception des informations pour effectuer les remboursements.
- À partir du 14 octobre : les sommes qui n’auront pas pu être restituées par le circuit bancaire doivent être transférées sur un compte spécifique de la Caixa Econômica Federal, qui devra organiser leur restitution aux titulaires.
Le mécanisme ne dispense pas l’opérateur de ses responsabilités. La fermeture de son activité ou l’extinction de son autorisation ne supprime pas les obligations liées aux paiements, aux données des joueurs, à la lutte contre le blanchiment et aux autres exigences réglementaires.
Une interdiction déjà applicable, mais pas encore définitive
La mesure provisoire a force de loi dès sa publication au Journal officiel de l’Union. C’est pourquoi les interdictions et le calendrier de fermeture s’appliquent immédiatement, sans attendre un vote du Congrès. Le texte doit toutefois être examiné par les parlementaires. Sans approbation dans le délai constitutionnel, il peut perdre sa validité.
Il faut donc distinguer le droit applicable aujourd’hui de l’issue politique à moyen terme. Au 26 septembre 2026, l’interdiction est en vigueur. Cela ne signifie pas encore que le Parlement brésilien a transformé cette décision en loi permanente. Le Congrès peut approuver le texte, le modifier ou le laisser expirer selon la procédure prévue pour les mesures provisoires.
Le gouvernement justifie cette décision par l’endettement des ménages et les conséquences des jeux d’argent sur la santé publique. Quelques jours avant la signature, le débat portait encore sur une éventuelle interdiction limitée aux casinos en ligne. Le texte finalement publié va plus loin : il inclut les paris sportifs à cote fixe, leur intermédiation et la promotion commerciale qui les accompagne.
Ce que les parieurs doivent retenir
La question n’est donc plus de savoir si les paris sportifs sont concernés. Ils le sont bien, au même titre que les jeux de casino en ligne. La période qui s’ouvre est celle de la transition et du remboursement.
Pour les joueurs concernés, les bons réflexes sont simples : retirer le solde disponible dès que possible, télécharger l’historique du compte, conserver les références des paris ouverts et suivre les communications de l’opérateur et de l’établissement de paiement. En cas de pari non réglé à la date de fermeture, la mise doit être remboursée. En cas de gain déjà établi, le paiement reste prévu par le texte.
Le prochain rendez-vous sera parlementaire. La décision du Congrès brésilien dira si la fin des bets devient durable ou si le pays revient à un autre cadre légal. En attendant, la règle est déjà claire pour le marché : à partir du 5 octobre, l’offre de paris de quota fixe doit être rendue inaccessible au public brésilien.
Sources officielles
Ministère brésilien de la Santé, présentation de la mesure et calendrier des remboursements.
Présidence de la République, texte de la mesure provisoire n° 1.394.
Journal officiel de l’Union, publication du 25 septembre 2026.
Offre soumise à conditions. 18+ · Interdit aux mineurs · Jouer comporte des risques · 09 74 75 13 13




















