Jeudi 9 juillet à Boston, le Maroc a rendu les armes face à la France en quart de finale du Mondial 2026. Pas seulement battu : méconnaissable. Voici ce qui a craqué.
Il y a quatre ans, l’élimination du Maroc en demi-finale avait provoqué des larmes dans les stades et des frissons dans tout le monde arabe. Jeudi 9 juillet à Boston, c’était différent. Le Maroc a perdu, oui.
Mais surtout, il n’a jamais vraiment existé dans ce match. C’est ça, le vrai problème.
22 tirs contre 5: les chiffres d’une soirée à sens unique
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Les statistiques ne mentent pas. La France a frappé 22 fois au but lors de ce quart de finale. Le Maroc?
Cinq tentatives, une seule cadrée. Pas besoin d’aller chercher des explications compliquées: voilà un résumé de la domination des Bleus en une ligne.
Ce qui est troublant, c’est que la possession n’était pas si déséquilibrée. Les Lions de l’Atlas ont eu le ballon autant que les Français. Mais ils n’en ont rien fait.
Aucune progression dans le dos de la défense française, aucune combinaison dans les espaces, aucun danger réel. Le Maroc a tourné en rond.
Le frein à main comme plan de jeu
Tout au long du tournoi, ce Maroc avait montré quelque chose: de l’intensité, de la générosité dans le pressing, un allant offensif réel. Face à la France, tout ça a disparu. Le sélectionneur Mohamed Ouahbi a opté pour un plan restrictif, défensif, calculateur.
Et ça n’a pas fonctionné.
Le manque de courses en profondeur était frappant. Personne pour étirer la défense de Deschamps, personne pour provoquer en un contre un. L’équipe semblait déjà mentalement battue avant le coup de sifflet final.
La différence avec le Maroc des phases de groupes? Saisissante.
Le choix Mazraoui en défense centrale, une décision qui interroge
Blessé, Chadi Riad n’était pas disponible. Ouahbi a tranché en alignant Noussair Mazraoui en charnière centrale, son club de cœur, pas son poste de prédilection. C’est une décision qui a fait jaser.
Redouane Halhal, écarté ce soir-là, avait certes connu des difficultés balle au pied face au Canada. Mais le contexte d’un quart de finale contre la France était différent. Les choix défensifs d’Ouahbi, sur ce match précis, ont contribué au déséquilibre général.
Une équipe érodée physiquement et en manque d’expérience
Il faut aussi le dire: le Maroc arrivait à Boston avec des absences et des jambes lourdes. Le tournoi avait laissé des traces. Face à une France physiquement dominante, il aurait fallu des ressources que les Lions n’avaient tout simplement plus.
Le déficit d’expérience sur les grandes affiches à élimination directe s’est aussi fait sentir. Gérer la pression d’un quart de finale de Coupe du monde contre les Bleus, avec tout ce que ça représente pour le monde arabe et africain, c’est un autre sport.
Des supporters plus cléments que les chiffres
Dans les tribunes du Gillette Stadium, les supporters marocains ont applaudi leurs joueurs malgré l’élimination. Cette bienveillance dit quelque chose sur le lien entre une nation et son équipe. Mais elle ne doit pas masquer la réalité: cette défaite n’avait pas le même goût que celle du Qatar.
En 2022, le Maroc était tombé en demi-finale, porté par un élan collectif unique. En 2026, il s’est éteint en quart, sans vraiment s’être donné les moyens de créer la surprise. C’est ça, la vrai déception.
Ce que la France a fait que les autres n’ont pas su faire
Les Bleus ont fait exactement ce qu’ils savent faire: conserver, accélérer dans les bons moments, et punir. Didier Deschamps a présenté une équipe de France réaliste, organisée, redoutable dès qu’elle récupère le ballon dans les bonnes zones.
22 tirs. Ce chiffre résume aussi la capacité des Français à faire circuler le danger, à varier les angles, à mettre une défense sous pression permanente. Le Maroc n’a jamais trouvé la solution face à cette intelligence collective.
Le Maroc aurait-il pu faire mieux avec un autre plan de jeu?
Probablement. Le style offensif qui avait caractérisé les phases de groupes aurait pu créer plus d’incertitude. Le plan défensif choisi n’a ni protégé l’équipe ni créé d’occasions.
Est-ce que cette élimination remet en cause le projet marocain?
Non. Le Maroc reste une des meilleures sélections africaines, avec un socle jeune solide. Mais cette sortie soulève des questions légitimes sur les choix tactiques d’Ouahbi dans les grands rendez-vous.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc de ce Mondial 2026 n’a pas perdu contre la France par manque de talent ou de courage. Il a perdu parce qu’il n’a jamais réussi à jouer son foot. Un plan trop prudent, des absences qui ont fragilisé la défense, et une France trop bien organisée pour laisser des espaces.
Les Lions de l’Atlas repartent avec des regrets, ceux de ne pas avoir tenté quelque chose.
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